L’œuvre dans l’espace public / Le public dans l’espace de l’œuvre

Au cours du 20e siècle, les milieux de l’art se sont affranchis des cadres et des traditions de la représentation et ont remis en question l’acte même de création. À partir des années 1950, et par opposition aux formes institutionnelles, certains artistes (Pollock, Kaprow, Cage, Christo) et collectifs (Black Montain College, Fluxus, Judson Church, Living theater) font sortir l’art de son contexte traditionnel de création et de représentation. Par rébellion contre les modes de production et de présentation des œuvres, ils sortent des théâtres, des musées et débordent des cadres (la scène, la toile) ; ils investissent la nature, le paysage, la ville et les milieux urbains, l’environnement, pour en faire non seulement la source de création, le sujet de l’œuvre mais aussi le lieu de leur (re)présentation (Land Art, Agit-prop).

Fortement liés à l’engagement civique, performances, happening et art de participation bousculent le public, le confrontent et le provoquent ; les artistes remettent en question leur propre rapport au spectateur mais aussi la fonction et le statut de ce dernier dans l’œuvre elle-même (Abramovic, Ono, Burden). Aujourd’hui, ce rapport au public ne se joue pas exclusivement dans les œuvres en marge des institutions mais il s’introduit dans un ensemble de formes artistiques faisant intervenir le public en tant que « spectacteurs » ou public-participant - de la danse in situ au théâtre invisible en passant par les installations multi-médiatiques interactives.

Colloque organisé les 29 et 30 avril 2009 par Edwige Perrot et Léna Massiani à l'Université du Québec à Montréal


L’œuvre dans l’espace public

Paul Ardenne (Université d’Amiens) : L’art dans l’espace public : un activisme

Louise Poissant (UQAM) : Architectures interactives

Louis Jacob (UQAM) : L’art public et les transformations de l’espace urbain

Lorraine Beaulieu (Artiste) : Arts dans la communauté et avec la communauté

Christain Semaan (UQAM) : La façade médiatisée : l’architecture de J. Herzog et P. De Meuron

Claude Marié et Raymond Cantin (MAP. Montréal) : Sortir des musées, investir la rue

 

Le public dans l’espace de l’œuvre

Romain Bricout (Université Lille 3) : Speaker-in : un exemple de création de nouveaux dispositifs artistiques comme création de nouvelles sensibilités collectives

Philippe Boissonnet (UQAM) : L’entre-deux holographique : un espace troublé de la rencontre visuelle

François-Joseph Lapointe (UQAM) : Polymorphosum urbanum : le « making-of »

Léna Massiani (UQAM) : Le public dans l’œuvre de danse in situ : entre représentation et participation, quelle posture acquiert-il ?

Katya Montaignac (UQAM) : Le spectateur à l’œuvre


L’œuvre dans l’espace public / Le public dans l’espace de l’œuvre

 

Au cours du 20e siècle, les milieux de l’art se sont affranchis des cadres et des traditions de la représentation et ont remis en question l’acte même de création. À partir des années 1950, et par opposition aux formes institutionnelles, certains artistes (Pollock, Kaprow, Cage, Christo) et collectifs (Black Montain College, Fluxus, Judson Church, Living theater) font sortir l’art de son contexte traditionnel de création et de représentation. Par rébellion contre les modes de production et de présentation des œuvres, ils sortent des théâtres, des musées et débordent des cadres (la scène, la toile) ; ils investissent la nature, le paysage, la ville et les milieux urbains, l’environnement, pour en faire non seulement la source de création, le sujet de l’œuvre mais aussi le lieu de leur (re)présentation (Land Art, Agit-prop).

  

Fortement liés à l’engagement civique, performances, happening et art de participation bousculent le public, le confrontent et le provoquent ; les artistes remettent en question leur propre rapport au spectateur mais aussi la fonction et le statut de ce dernier dans l’œuvre elle-même (Abramovic, Ono, Burden). Aujourd’hui, ce rapport au public ne se joue pas exclusivement dans les œuvres en marge des institutions mais il s’introduit dans un ensemble de formes artistiques faisant intervenir le public en tant que « spectacteurs » ou public-participant - de la danse in situ au théâtre invisible en passant par les installations multi-médiatiques interactives. 

  

De l’œuvre dans l’espace public au public dans l’espace de l’œuvre, les productions artistiques redéfinissent le rapport à la représentation tout comme les fonctions respectives de l’artiste et du public. Quels enjeux esthétiques, politiques et sociaux sont liés à l’art in situ aujourd’hui ? Quelle place l’œuvre a-t-elle dans l’espace public ? Comment les artistes transgressent-ils le cadre de leur discipline ? Comment les artistes introduisent-ils le public dans l’espace de l’œuvre ? De quel ordre relève l’engagement politique et social des artistes dans les œuvres contemporaines ? Voilà autant de questions qui accompagneront notre réflexion au cours de ces journées d’études dont la première sera consacrée à l’œuvre dans l’espace public et la deuxième au public dans l’œuvre.